// Vous lisez...

Réalisation de matériel

Installation du T305 à l’observatoire de Visker : Contrôle de la perpendicularité des axes

Cet article traite d’une méthode permettant de vérifier la perpendicularité des deux axes d’un télescope.

Un télescope équipé d’une monture dite Allemande voit son tube optique positionné à l’Est ou à l’Ouest de son axe Alpha, selon la portion de ciel visée. Ceci demande donc un retournement sur cet axe et les commandes en Déclinaison se retrouvent inversées. Ceci est un inconvénient bien sur, mais ce système procure un avantage intéressant quand à la possibilité de couvrir tout le ciel et de garder un foyer optique toujours accessible, afin de pouvoir y installer des options d’intégration d’images : Caméra CCD, Spectro, Appareil photo etc.

Afin de pouvoir être efficace, un système de pointage automatique doit pouvoir retrouver le même point sur le ciel, que le tube optique soit à l’Est ou à l’Ouest de la monture, ceci ne sera possible que si les deux axes Alpha et Delta sont parfaitement perpendiculaires entre eux.

Le but de cette manip est de voir la précision actuelle de notre monture et de rectifier cet ensemble si besoin est, et cela avant une mise en station parfaite de l’ensemble, l’inverse n’est pas réaliste car un défaut de perpendicularité fera que, selon le sens ou sera positionné le tube optique au moment de la mise en station, le positionnement de la monture sera décalé de la valeur de l’erreur angulaire. Moyennant la caméra Webcam installée au foyer du télescope, la prise de deux clichés sur les cimes Pyrénéennes, une image en position Est et l’autre en Ouest de la monture, va nous fournir deux images décalées de l’erreur de perpendicularité de la monture. Connaissant le champ couvert par la matrice de la caméra sur le ciel, est il facile de trouver l’erreur recherchée par quelques calculs angulaires.

JPEG - 13.1 ko
T305MontureJC01

La première image de l’article est prise avec le tube optique placé à l’Est, cette image a été réalisée en cours d’après-midi, de façon à avoir un éclairage et des ombres bien orientés. Un traitement a été effectué, afin d’atténuer la turbulence.

JPEG - 9.6 ko
T305MontureJC02

La deuxième image enregistrée avec le tube optique à l’Ouest comporte le même défaut pour la même qualité finale, ceci est expliqué par la distance des cimes situées à 24 Kms.

Par l’intermédiaire du logiciel C2A, on obtient pour la matrice de la Webcam, installée au foyer Newton du télescope, un champ de 12 minutes d’arc sur l’axe X et pour info, 8 minutes sur l’axe Y. La matrice dispose de 640 Pixels qui couvrent un champ de 12 minutes soit 720 secondes d’arc, un pixel vaut donc : 720 / 640 = 1.125 seconde d’arc.

Par rapport à un point défini sur l’image OUEST comme étant le bord de l’image EST, on trouve un écart de 62 pixels ce qui représente 62 X 1.125 = 55 .11 secondes d’arc. 55 secondes d’écart d’une position OUEST à une position EST, est-ce beaucoup ?

Pour répondre à cette question, il suffit de se rappeler que la matrice représente 12 minutes d’arc sur le ciel et que l’écart de position n’est que de 55 secondes, soit moins d’un dixième de la largeur de l’image. Les 55 secondes resteront l’écart existant, même avec une caméra genre 7863 qui elle, couvre un champ deux fois plus grand.

La parade. Les deux supports du tube du télescope sont situés à 350 mm l’un de l’autre, soit 120 mm d’un coté et 230 mm de l’autre coté du centre de l’axe de déclinaison, ce qui permet une appréciation de la correction a apporter. Un petit calcul nous apprend qu’un support doit être surélevé de 0. 73 mm, ce qui est simple à réaliser.

Et pour mieux se rendre compte : La largeur de l’image sur les cimes Pyrénéennes représente 84 mètres a peu près sur le terrain et l’écart lui ne représente que 8 mètres en largeur, le tout à 24 Kms de distance.

Commentaires